Rendre la dignité et la confiance
Opération Sourire
Témoignages
Retour
Dr François Foussadier
Fondateur de l’Opération Sourire et chirurgien bénévole au sein de Médecins du Monde, Dr Foussadier revient sur 20 années de missions humanitaires.
« Dans les pays où nous intervenons, la chirurgie n’est souvent qu’un recours d’urgence. Faire une opération chirurgicale à un enfant ou un adulte pour des motifs fonctionnels et morphologiques était parfois interprété comme futile par nos collègues locaux. C’est seulement après en avoir vu les résultats qu’ils ont compris à quel point ces interventions transformaient la vie des patients. Pour s’en rendre compte, il faut voir le sourire des parents de ces enfants à la sortie des blocs opératoires.La première réussite de l’Opération Sourire est avant tout du côté des patients. Il suffit de regarder le nombre de patients qui « ont retrouvé la face », quitté le monde de l’exclusion dans lequel les cantonnait leur déformation. Beaucoup sont aujourd’hui mariés, scolarisés, ont un emploi…C’est notre bonheur et notre réussite de les revoir au fil des missions.
Ensuite, les chirurgiens que nous avons formés au fil des années ont acquis des compétences rares dans leur pays et peuvent soulager leurs compatriotes de maladies totalement méconnues en Occident. Nous avons aussi beaucoup appris à leur contact tant les choses sont différentes culturellement et techniquement. Dans la plupart des sites ou nous intervenons, de réels rapports de compagnonnage et d’amitiés se sont créés.
Enfin, il est satisfaisant de constater que beaucoup d’acteurs de l’Opération Sourire français et internationaux, médecins, anesthésistes, infirmiers, y sont restés fidèles…Internet leur permet d’être en relation permanente avec les équipes locales. Certains cas sont discutés par avance pour optimiser la préparation sur le plan matériel notamment, des avis sont donnés à distance, le recrutement et le suivi sont beaucoup mieux assurés. C’est donc une vraie école. Et puis revoir les patients opérés, les chirurgiens qui progressent et gagnent en autonomie, certains gestes qui se transmettent sans que nous n’ayons plus à intervenir est un plaisir dont on ne se lasse pas. »
Crédit photo : Catherine Henriette
