Les Bourses Internationales 2015

Cette année, le programme L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science a identifié 15 jeunes chercheuses exceptionnelles parmi les bénéficiaires des 236 Bourses locales à travers le monde. Ces talents prometteurs ont reçu une récompense supplémentaire, leur offrant ainsi une visibilité internationale plus importante. Elles ont été sélectionnées pour la qualité de leurs projets de recherche, ayant tous un impact potentiel sur la vie humaine et l’environnement.

Les Boursières Internationales 2015 effectuent leurs recherches dans plusieurs domaines des sciences et apportent déjà des contributions significatives dans des disciplines aussi variées que l’écologie et le développement durable, la physique, la pharmacologie, l’épidémiologie, la médecine, les neurosciences et la biologie de l’évolution.

  • Épidémiologie génomique des agents pathogènes

    Chercheuse postdoctorante

    Département de biochimie et de biologie moléculaire, Bio21 Institute, Université de Melbourne

    Pour son projet de lutte contre une nouvelle « superbactérie » résistante aux antibiotiques.

    Le Docteur Kathryn Holt associe la génétique aux mathématiques et aux superordinateurs pour étudier le génome de bactéries pathogènes en vue de comprendre leur mode de propagation. Grâce à une étude pionnière sur la fièvre typhoïde réalisée à Katmandou, au Népal, elle a découvert que cette maladie ne se propageait pas comme on le pensait. Ses travaux ont déjà un impact sur l’attitude des responsables de santé publique face aux épidémies.

    Kathryn Holt va utiliser les mêmes méthodes pour comprendre comment les « superbactéries », ces redoutables agents pathogènes résistants aux antibiotiques, se propagent en milieu hospitalier. Son objectif est de déterminer si les patients contractent ces maladies mortelles à l’hôpital ou s’ils les apportent. Ses travaux permettront également d’établir s’il est possible d’alerter rapidement les cliniciens quant à la propagation de bactéries résistantes chez leurs patients.

    Sensible à la nécessité d’ouvrir la recherche scientifique aux femmes, Kathryn Holt estime que les attentes de la société doivent évoluer, afin que les responsabilités familiales soient équitablement réparties entre les deux parents. « Si les chercheurs hommes et femmes devaient tous se préoccuper d’aller chercher les enfants à l’école ou de trouver une baby-sitter pendant les conférences internationales, cela ne nuirait plus aux femmes (ou aux hommes) qui ont une famille. »

  • Chimie médicinale

    Chercheuse postdoctorante

    Professeur associé, Laboratoire de modélisation moléculaire et de conception de médicament, Université fédérale de Goias, Goiania

    Pour son projet sur la découverte de médicaments multicibles contre la leishmaniose fondée sur une stratégie en chimie médicinale intégrée.

    La leishmaniose est une maladie causée par des parasites principalement transmis à l’homme par la piqûre d’un insecte appelé phlébotome. Endémique dans 88 pays d’Afrique, d’Asie du Sud et d’Amérique latine, c’est l’une des trois maladies parasitaires les plus mortelles au monde, avec 1,3 million de nouveaux cas et 50 000 décès estimés par an. Les principaux traitements utilisés ont plus d’un demi-siècle. Ils sont coûteux, leur l’efficacité est limitée et les effets secondaires peuvent être lourds.

    Le Docteur Carolina Andrade entend combattre la leishmaniose en recherchant de nouveaux médicaments multicibles, c’est-à-dire à double ou triple action. Au lieu de cibler une seule des fonctions vitales du parasite, un médicament multicible multiplie les attaques, ce qui augmente les chances de tuer le parasite, tout en réduisant le risque qu’il devienne résistant. Carolina Andrade travaille en particulier sur des traitements abordables pour les patients des pays en développement où la leishmaniose est la plus répandue. Ses travaux sont susceptibles d’améliorer la vie de millions d’hommes, de femmes et d’enfants souffrant de cette maladie invalidante et souvent mortelle.

  • Immunogénétique des maladies infectieuses

    Chercheuse postdoctorante

    Institut de recherche, The Hospital for Sick Children, Toronto Immunogénétique des maladies infectieuses

    Pour son projet sur la pathogénie de Salmonella Typhimurium : caractérisation du rôle des effecteurs bactériens dans les mécanismes permettant d’échapper à la vigilance du système immunitaire inné.

    Les travaux du Docteur Vanessa D’Costa portent sur la Salmonelle, l’une des principales causes de gastro-entérite transmise par la nourriture, couramment appelée intoxication alimentaire. Les cas de Salmonellose les plus graves peuvent entraîner la mort et contribuer au développement de l’arthrite réactionnelle, maladie auto-immune provoquée par une infection. Il est devenu urgent de mettre au point de nouveaux traitements car on assiste depuis quelques années à une augmentation des infections par des salmonelles résistantes aux antibiotiques.

    On sait que la Salmonelle provoque une infection en échappant au système immunitaire à « l’aide » de protéines semblables à des toxines appelées effecteurs, dont la fonction n’est pas encore totalement élucidée. Vanessa D’Costa cherche à expliquer comment ces effecteurs manipulent les cellules hôtes et permettent aux pathogènes d’origine alimentaire de contourner les défenses naturelles. Elle espère par ailleurs que ses travaux permettront de mieux comprendre le fonctionnement d’autres bactéries résistantes et, de façon plus générale, celui de notre système immunitaire.

  • Biologie structurale et computationnelle

    Chercheuse postdoctorante

    NINDS, National Institutes of Health, Bethesda, Maryland

    Pour son projet d’exploration de la base structurale des mécanismes des transporteurs membranaires au moyen de méthodes computationnelles, qui font avancer la compréhension des troubles neuropathologiques.

    Spécialiste en biologie structurale et bio-informatique, le Docteur Ariela Vergara-Jaque utilise des outils computationnels sophistiqués pour étudier les protéines, éléments constitutifs du corps humain, qui fonctionnent comme de petites machines qui nous maintiennent en vie. Grâce à la simulation informatique, elle peut observer des « protéines virtuelles » sous tous les angles, suivre leurs mouvements en trois dimensions et les manipuler selon différents scénarios et hypothèses afin d’étudier leur comportement.

    Ariela Vergara-Jaque concentre actuellement ses études sur une famille de protéines logées dans les membranes cellulaires, dont le dysfonctionnement est à l’origine de troubles neurologiques complexes. Ces protéines, qui agissent comme des barrières, permettent à certaines substances de pénétrer dans les cellules et à d’autres d’en sortir. Le Dr Vergara-Jaque a pour ambition de comprendre la manière dont les protéines réorganisent leur structure interne afin de permettre ou d’empêcher le passage de substances spécifiques. Lorsque des substances vitales ne peuvent pénétrer ou lorsque des substances qui devraient être éliminées sont retenues, la cellule ne fonctionne pas correctement et provoque une maladie.

    L’objectif final d’Ariela Vergara-Jaque, outre la compréhension de ce processus aussi important que complexe, est d’identifier quelles sont les parties de la protéine que les médicaments devraient cibler pour combattre la maladie. Son travail pourrait permettre la mise au point de thérapies efficacespour traiter différents troubles neurologiques.

  • Maître de conférences, éco-informatique et biodiversité

    Chercheuse postdoctorante

    Département de biosciences, Université d’Aarhus
    Écologie végétale, macroécologie, biogéographie

    Pour son projet sur la transformation de la toundra à l’aide des premiers drones au service de l’écologie.

    Le Docteur Signe Normand étudie l’un des problèmes les plus cruciaux des temps modernes : le changement climatique et son impact sur la biodiversité. À cette fin, elle utilise des drones, ces petits objets volants télécommandés qui étaient récemment encore associés à la guerre plutôt qu’à la recherche scientifique. Signe Normand concentre ses travaux sur la modification des schémas de végétation au Groenland, une des régions du globe les plus touchées par le réchauffement climatique.

    Les connaissances actuelles de l’évolution de ces schémas sont limitées, car les données sont collectées soit par satellite, et manquent par conséquent de précision, soit par des observateurs sur le terrain qui ne peuvent couvrir que des zones relativement restreintes de la plus grande île de la planète. Grâce à ses drones, Signe Normand va combler le fossé entre ces deux méthodes dans plusieurs régions de l’île. Ses recherches vont fournir des informations sur l’impact du changement climatique dans l’Arctique et les méthodes qu’elle développe avec des drones pourront être appliquées à d’autres régions du monde. Plus nous en apprendrons sur les effets du réchauffement climatique, plus nous aurons de chances d’atténuer son impact sur le bien-être des humains, des animaux et des végétaux.

  • Immunogénétique des maladies infectieuses

    Chercheuse postdoctorante

    Maître de conférences, Département de microbiologie et d’immunologie, Faculté de pharmacie, Université du Caire

    Pour son projet sur la pharmacogénétique de l’hépatite C en Égypte : étude des effets de la génétique de l’hôte sur les résultats d’une nouvelle trithérapie au sein de la population égyptienne.

    Le virus de l’hépatite C (VHC) est un grave problème de santé publique mondiale et l’Égypte affiche le plus fort taux de prévalence au monde. Plus de dix millions d’Égyptiens sont touchés par le virus. Il existe un nouveau traitement, mais les scientifiques ont observé que certains patients réagissent très bien à ce traitement, d’autres sont toujours infectés par le virus. On sait que, entre autres facteurs, les gènes individuels d’un patient affectent ces résultats. Les travaux du Docteur Nourtan Abdeltawab, immunologiste, sont destinés à déterminer précisément quels composants génétiques de la population égyptienne ont un impact sur la réussite ou l’échec du traitement.

    L’objectif final de Nourtan Abdeltawab est de créer un test génétique pouvant déterminer si le nouveau traitement de l’hépatite C est adapté ou non aux patients, afin de remplacer la méthode par tâtonnements qui est actuellement la seule dont disposent les médecins. Ses recherches permettront de mieux comprendre comment enrayer une maladie aux proportions épidémiques et, plus particulièrement, d’offrir des traitements plus personnalisés susceptibles de guérir les patients avec le moins de douleurs possible, voire sans douleurs.

  • Neurosciences cognitives

    Chercheuse postdoctorante

    Centre de Recherche sur la Cognition Animale, CNRS, Université Toulouse 3

    Pour son projet sur l’élucidation des mécanismes neurobiologiques de la cognition visuelle dans des cerveaux miniatures.

    Chercheuse en neurosciences cognitives, le Docteur Aurore Avarguès-Weber s’est spécialisé dans l’étude du comportement des insectes sociaux, en particulier des abeilles. Ses travaux ont déjà démontré que, contrairement aux idées reçues, celles-ci ne sont pas des créatures au cerveau préprogrammé ne fonctionnant qu’à l’instinct. Elle a en effet prouvé que les abeilles, en dépit d’un cerveau de la taille d’une tête d’épingle, sont capables de traitements cognitifs similaires aux mammifères. Ses travaux sur ces cerveaux minuscules mais très performants ouvrent des perspectives fascinantes dans diverses disciplines scientifiques.

    Actuellement, Aurore Avarguès-Weber étudie comment ces cerveaux accomplissent des tâches visuelles complexes. Dotées d’un si petit nombre de neurones pour traiter l’information perçue par leurs yeux et transmise à leur cerveau, comment peuvent-elles distinguer les différents objets de leur environnement ? Or, incroyablement, non seulement elles ont une bonne vue, mais elles peuvent même reconnaître des visages. Grâce à une méthode ingénieuse qu’elle a elle-même développée, le Dr Avarguès-Weber cherche à percer ce mystère. Ses travaux permettront non seulement d’élargir nos connaissances sur nos propres cerveaux, mais ils auront aussi des implications majeures dans des domaines aussi divers que l’intelligence artificielle, la miniaturisation et la médecine.

  • Informatique

    Chercheuse postdoctorante

    Professeur associée, Département d’informatique et de mathématiques, Lebanese American University (LAU), Beyrouth

    Pour son projet visant à améliorer la conception et l’exploitation des réseaux électriques intelligents dans les pays émergeants.

    La fiabilité de l’approvisionnement électrique est souvent un problème majeur dans les pays en développement, où les pénuries d’électricité récurrentes entraînent des coupures fréquentes et de drastiques rationnements de l’alimentation. Les faibles capacités et l’obsolescence des centrales, les pertes d’énergie pendant le transport et la distribution, ainsi que l’inefficacité des systèmes électriques sont trop souvent la norme dans ces pays. Dans le meilleur des cas, l’accès limité à l’électricité est un inconvénient, mais une telle situation peut aussi s’avérer dangereuse, extrêmement préjudiciable au commerce et à l’industrie, et exacerber la pauvreté et ses conséquences.

    Experte en informatique et en réseaux, le Docteur Sanaa Sharafeddine explore les possibilités offertes par les infrastructures de communication et les technologies informatiques et des réseaux pour améliorer la qualité et l’efficacité des systèmes électriques et réaliser des économies d’énergie dans les pays en développement.
    Actuellement, elle travaille sur les moyens d’utiliser la technologie numérique pour renforcer le système électrique du Liban, depuis les centrales jusqu’au client final. En effet, le numérique facilite le suivi, la mesure et le contrôle du flux d’électricité ainsi que de celui des données correspondantes. Les travaux de Sanaa Sharafeddine contribueront à la croissance économique du Liban, mais aussi à l’amélioration de la qualité de vie de ses habitants et de l’ensemble des pays en développement.

  • Virologie moléculaire

    Chercheuse postdoctorante

    Maître de conférences, Département de microbiologie médicale, Faculté de médecine, Université Malaya, Kuala Lumpur

    Institution d’accueil : Département de Sciences Biologiques, Université Macquarie, Australie

    Pour son projet de mise au point de nouveaux peptides thérapeutiques ciblant le mécanisme d’autophagie des cellules hôtes pour lutter contre les infections à l’entérovirus A71.

    Le Docteur Yoke-Fun Chan axe ses recherches sur l’entérovirus A71, un virus responsable du syndrome pieds-mains-bouche chez les enfants. Ce virus est prévalent dans le sud-est asiatique, et particulièrement dans son pays : en Malaisie, 80 % des enfants de 12 ans ont déjà contracté l’infection. L’entérovirus A71 est un problème qui se pose à l’échelle mondiale, il évolue rapidement et, outre le syndrome pieds-mains-bouche, des foyers infectieux ont récemment été associés à des encéphalites, maladie qui peut être fatale.

    À l’heure actuelle, il n’existe pas d’antiviraux capables de traiter le syndrome. Yoke-Fun Chan cherche donc à mettre au point un traitement ciblant le mécanisme physiologique de l’autophagie, un processus au cours duquel les cellules « mangent » le virus avant de le stocker. Le virus « profite » de ce mécanisme pour survivre et se multiplier. Son objectif est de recourir à des traitements à base de protéines pour bloquer l’autophagie, ce qui conduira au blocage du virus lui-même. Ses travaux pourraient ainsi permettre de lutter contre une maladie infectieuse émergente et potentiellement catastrophique.

  • Médecine (diabète et obésité)

    Chercheuse postdoctorante

    Centre médical Langone, École de Médecine, Université de New York,

    Pour son projet sur le rôle de l’hypoxie dans le maintien d’une inflammation chronique par l’expression de la Nétrine 1 dans les macrophages du tissu adipeux chez les patients obèses.

    L’obésité est l’un des principaux facteurs de mortalité évitable dans le monde. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu’elle pourrait bientôt devenir la première cause de mauvaise santé, devant la malnutrition ou les maladies infectieuses. Le Docteur Bhama Ramkhelawon mène des recherches sur l’inflammation chronique, une des principales conséquences de l’obésité à l’origine de nombreuses pathologies, dont le diabète.

    Bhama Ramkhelawon et son équipe avaient déjà découvert que les cellules « nettoyeuses » de notre organisme – les macrophages – sécrètent une substance appelée Nétrine 1 lorsqu’elles sont dans des tissus adipeux. La Nétrine 1 incite ces cellules à s’accumuler dans ces tissus, empêchant l’évacuation des agents pathogènes et adipocytes. Ce dysfonctionnement déclenche des inflammations nocives pour l’organisme. En revanche, on ignore encore pourquoi ces cellules sécrètent de la Nétrine 1. Selon l’hypothèse du Dr Ramkhelawon, le problème sous-jacent pourrait être l’hypoxie, c’est-à-dire le manque d’oxygène dans les tissus adipeux se développant rapidement. Les vaisseaux sanguins transportant l’oxygène ne peuvent pas répondre à la demande énergétique croissante de ces tissus. Si son hypothèse se vérifie, ses travaux permettraient la mise au point de nouveaux traitements plus efficaces contre les nombreuses maladies inflammatoires liées à l’obésité.

  • Maladies infectieuses

    Chercheuse postdoctorante

    Enseignante-chercheuse, Centre de recherches régional Dr Hideyo Noguchi, Université autonome du Yucatán

    Pour son projet sur l’expression et la validation de potentiels biomarqueurs cardiaques sur un modèle animal porteur du Trypanosoma cruzi (DTU I et VI), en phase aiguë et chronique de la maladie de Chagas.

    La maladie de Chagas est une infection parasitaire qui touche environ 7 à 8 millions de personnes en Amérique latine. Transmise par l’insecte triatoma dimidiate, elle est responsable de plus de 15 000 morts chaque année. La maladie de Chagas comporte trois phases : une phase aiguë, une phase inactive et asymptomatique de 10 à 30 ans, puis une phase chronique qui touche environ 30 % des personnes infectées et qui peut provoquer des lésions sérieuses sur différents organes, en particulier les systèmes cardiaque et digestif.

    Le Docteur Matilde Jimenez Coello travaille sur les biomarqueurs, des substances dont la présence dans l’organisme révèle l’existence d’une maladie. Plus précisément, elle étudie et vérifie la pertinence des possibles biomarqueurs cardiaques de la maladie de Chagas. Elle cherche aussi à déterminer si ces biomarqueurs varient en fonction de la souche particulière de la maladie. Les recherches de Matilde Jimenez Coello visent à mieux diagnostiquer et traiter cette pathologie ainsi qu’à mieux comprendre ses effets sur l’organisme afin de pouvoir guérir les patients.

  • Physique, biologie quantique

    Chercheuse doctorante

    Groupe de recherche quantique, Université de KwaZulu-Natal, Durban

    Pour son projet sur les origines quantiques de la vie : une description de l’apparition de la vie à partir de matière inanimée.

    La biologie quantique est une discipline qui repose sur la physique quantique. Elle consiste à étudier les plus petites particules pour mieux comprendre le vivant. Spécialiste de biologie quantique, Adriana Marais a été amenée à se poser la question qui intrigue sans doute le plus à la fois les scientifiques et les non-scientifiques : qu’est-ce que la vie ?
    Plus spécifiquement, comment la matière vivante a-t-elle pu naître des liquides, solides et gaz inanimés qui forment l’univers ?

    Il existe une théorie selon laquelle la lumière a sans doute joué un rôle dans la genèse de la vie. Adriana s’appuie sur la physique quantique pour étudier la photosynthèse, à savoir le processus qui permet aux plantes de transformer la lumière du soleil en énergie pour se nourrir. En d’autres termes, Adriana cherche à savoir comment les plantes utilisent la lumière pour créer et maintenir la vie. Ses travaux contribueront aussi à apporter une réponse à des questions moins métaphysiques : en effet, comprendre les mécanismes de transformation de l’énergie par les plantes pourrait permettre de mettre au point des technologies biomimétiques aussi efficaces que les processus naturels qui utilisent le soleil pour alimenter en énergie des systèmes complexes.

  • Science des matériaux, nanotechnologie

    Chercheuse postdoctorante

    Chercheuse du programme Ramon y Cajal, Département de physique, Universitat Autònoma de Barcelona

    Pour son projet de matériaux nanoporeux avancés destinés à la production massive d’hydrogène.

    Le monde d’aujourd’hui est confronté à la nécessité de trouver de toute urgence des alternatives aux énergies fossiles, qui sont nuisibles pour l’environnement et en voie de raréfaction toujours plus rapide. Source d’énergie propre et verte, l’hydrogène représente l’un des plus grands espoirs en matière d’énergie renouvelable. Cependant, les méthodes actuelles de production d’hydrogène sont peu écologiques ou consommatrices de métaux rares extrêmement coûteux. L’objectif du Docteur Eva Pellicer est de trouver un moyen non polluant et économique de produire de grandes quantités d’hydrogène pour l’utiliser comme carburant.

    Dans cette optique, Eva Pellicer cherche à remplacer les métaux rares actuellement utilisés par de nouveaux matériaux synthétiques moins coûteux. Spécialiste des nanomatériaux, elle concentre ses recherches sur des catalyseurs composés de semi-conducteurs ou d’alliages sans métaux nobles. Beaucoup plus économiques et donc adaptés à une production à grande échelle, ces matériaux peuvent également s’avérer efficaces pour produire de l’hydrogène. À la pointe de ce secteur, le projet du Dr Pellicer joue un rôle majeur dans la recherche de solutions aux problématiques énergétiques et environnementales actuelles.

  • Biologie de l’évolution et ornithologie

    Chercheuse postdoctorante

    Junior Fellow à la Harvard Society of Fellows, département de biologie organismique et de l’évolution, Université de Harvard, Cambridge, Massachusetts

    Pour son projet sur l’ingénieurie aviaire de la coquille d’œuf : innovations évolutionnaires de la couleur et de la structure.

    Le Docteur Mary Caswell Stoddard mène des recherches sur une des caractéristiques les plus fascinantes et méconnues des oiseaux : leurs œufs. En 150 millions d’années, les œufs des oiseaux n’ont pas cessé d’évoluer pour devenir des systèmes dynamiques protégeant la vie, aux coquilles résistantes aux chocs, dont la pigmentation peut varier permettant le camouflage dans n’importe quel nid. Comment les oiseaux peuvent-ils réaliser cette prouesse biologique ?

    Les travaux multidisciplinaires de Mary Caswell Stoddard se fondent sur des techniques de pointe, notamment la génomique, les mathématiques appliquées et la bioingénierie, pour regarder d’un œil neuf l’évolution de ces œufs. Outre une meilleure connaissance des oiseaux et de leurs œufs, ses recherches ouvriront de nombreuses perspectives dans des domaines très variés. Ses découvertes renforceront nos connaissances sur le processus de l’évolution en général et pourront nous aider à protéger les espèces d’oiseaux menacées par le réchauffement climatique. En outre, en analysant les propriétés structurelles incroyables des coquilles d’œuf, les travaux du Dr Stoddard devraient permettre aux ingénieurs d’améliorer certains matériaux, en particulier la céramique, en reproduisant certains aspects de la formation des coquilles, mais aussi de susciter des avancées majeures pour la santé humaine, la technologie et l’environnement.

  • Sciences pharmaceutiques, cancer

    Chercheuse postdoctorante

    Enseignante, Département d’ingénierie biomédicale, Université nationale du Vietnam, Ho Chi Minh

    Pour son projet sur le développement de micelles polymèriques à base de fucoidan pour diagnostiquer et traiter le cancer.

    La plupart des médicaments actuels pour traiter le cancer se dispersent dans l’organisme et attaquent indistinctement les cellules, saines ou non, au lieu de cibler spécifiquement les cellules cancéreuses. Par ailleurs, le milieu dans lequel le médicament est dissous pour être injecté – en général une solution de polymères sans propriété curative – est évacué par l’organisme, donc la substance thérapeutique est rapidement éliminée du système sanguin. Le Docteur Phuong Ha-Lien Tran s’appuie sur les nanotechnologies pour mettre au point un nouveau traitement à même d’éviter cette élimination et de transporter le médicament directement vers les cellules cancéreuses.

    Ses recherches portent notamment sur l’usage du fucoidan, une substance extraite des algues dont il a récemment été prouvé qu’elle possédait des propriétés anticancéreuses, tout en pouvant être utilisée comme un polymère. Le fucoidan pourra donc jouer un double rôle : celui de milieu de transport du médicament et celui de substance thérapeutique elle-même. Lorsque le fucoidan qui attire l’eau est mélangé avec un médicament anticancéreux qui la repousse, des nanoparticules auto-assemblées se forment . Ces nanoparticules peuvent aussi permettre d’observer les tumeurs pendant le traitement. Le projet de Phuong Ha-Lien Tran pourrait aboutir à la mise au point de traitements moins onéreux et plus efficaces de lutte contre le cancer, avec moins d’effets indésirables.