A la rencontre des nouveaux consommateurs

Dans ce pays de la taille d'un continent, il n'y a pas une, mais plusieurs classes moyennes dont les besoins et les attentes sont très différents.

Visites à domicile de consommateurs, Inde, 2010

Les entreprises multinationales voient dans l'Inde l'un des principaux marchés porteurs de la croissance de demain. Ce pays présente une réelle originalité, non seulement en raison de sa forte population (1,2 milliard d'habitants) en constante augmentation, mais aussi parce que la moitié de cette population a moins de 25 ans1. La croissance du marché grand public indien sera essentiellement tirée par un profil démographique favorable et une hausse du revenu disponible des ménages.

Les économistes s'accordent à dire que l'énorme classe moyenne indienne constitue un marché plus que prometteur, mais dont la taille est difficile à définir et à évaluer avec précision. En effet, selon les critères que l'on applique, ce marché varie de 100 à 300 millions de personnes2. De surcroît, l'expression « classe moyenne » englobe à la fois les personnes qui ont un revenu suffisant pour satisfaire leurs besoins élémentaires et s'offrir parfois le superflu, et les dizaines de millions d'Indiens dont le patrimoine est comparable à celui de la classe moyenne au sens occidental du terme.

Dès lors, dans ce pays de la taille d'un continent, il n'y a pas une, mais plusieurs classes moyennes dont les besoins et les attentes sont très différents : l'avocat de Bombay n'a pas les mêmes aspirations que le riche fermier du Pendjab ou l'informaticien de Bangalore – sans parler des nouveaux millionnaires chaque année plus nombreux.

Pourtant, une chose est certaine : le revenu annuel par tête qui a triplé de 2001 à 2010 devrait de nouveau plus que tripler d'ici à 20202, lorsque 80 % des ménages indiens auront un revenu annuel supérieur à 5 000 dollars et pourront ainsi satisfaire leurs nouveaux besoins.

1 Source : Goldman Sachs, A view from India, 2012
2 Source : étude Motilal Oswal
Source internationale : Rapid-Growth Markets Forecast, Ernst & Young, juillet 2012

Le saviez-vous ?

 

1/ Malgré les rumeurs de ralentissement de l’économie indienne, les acheteurs des petites villes commencent à dépenser sans compter.

Protégés par des subventions de l’État, de bonnes moussons, des prix élevés du foncier agricole et un faible recours au crédit, les revenus ruraux ont affiché une progression de 12% l’an dernier et, selon des courtiers de Kotak Institutional Equities, depuis 2008, ils progressent plus vite que les revenus urbains.

2/ En Inde, la classe moyenne est définie par un système de 12 catégories socio-professionnelles (CSP) de A1 à E3 (chaque lettre a trois niveaux).

Ce système a été obtenu en croisant l’éducation avec le nombre d’objets durables possédés par les ménages (téléviseur couleur, réfrigérateur, machine à laver…) et la possession de terres agricoles.
Pour donner une idée du niveau de revenu correspondant, les classes moyennes commencent à A2 pour la plus élevée et se terminent à B2.

En termes de revenu par ménage :
- un revenu mensuel de 30 000 à 40 000 roupies correspond à la CSP B1/B2 (environ 461 à 615 euros)
- un revenu mensuel de 40 000 to 50 000 roupies correspond à la CSP A2/A3 (environ 615 à 769 euros)

3/ « Le cycle classique de consommation démarre toujours par les produits cosmétiques, puis les montres, les articles de maroquinerie, la joaillerie, avant la mode ou les vacances.»

Jean-Marc Bellaïche, directeur associé senior de Boston Consulting Group.

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