L'évolution des canons esthétiques en Chine

Une inauguration Helena Rubinstein

En présence de la célèbre actrice chinoise Qin Lan (milieu), représentation de l’idéal de beauté chinois. © L'Oréal

Une inauguration Helena Rubinstein

En présence de la célèbre actrice chinoise Qin Lan (milieu), représentation de l’idéal de beauté chinois. © L'Oréal

En Chine, les critères de beauté ont changé au cours des dynasties, élégance et éclat étant tour à tour synonyme de silhouettes girondes, puis androgynes ; de cheveux longs, puis courts. Aujourd’hui, les jeunes Chinoises se rêvent grandes et minces avec des yeux immenses et expressifs. Pour autant, si ces standards esthétiques modernes témoignent d’une certaine fascination de l'Occident, les Chinoises sont très attachées aux canons de beauté orientaux.
Retour rapide sur cette évolution de la beauté depuis la Chine antique jusqu’à nos jours.

Durant la période Tang (du début du VIIe au début du Xe siècle après JC), dynastie qui a profondément marqué la culture chinoise, une femme belle se devait d’être robuste et résistante. Elle avait de larges hanches et exhibait fièrement ses formes. Vers l'an 1000, sous les Song, la beauté devient au contraire androgyne. Ce critère perdure sous les Ming (XIVème au XVIIème siècle après JC), époque où hanches et poitrine sont aussi frêles que les vêtements sont pudiques. A partir du XVIIème siècle, sous les Qing, l’androgynie est poussée à l’extrême : le physique des femmes est éthéré et leur peau très pâle. Les critères de beauté ne sont alors pas exclusivement physiques mais comprennent aussi des considérations de caractère : pour être belle, la femme doit être obéissante, timide et calme1, comme l’illustre Le Rêve dans le pavillon rouge, chef-d’œuvre de la littérature chinoise.

Dans les années 1950 et 1960, l'établissement de la nouvelle Chine fait de nouveau évoluer les critères de beauté : les femmes ressemblent alors aux hommes. Elles portent le sourcil large et le cheveu court. Pendant cette période de révolution culturelle, le maquillage est également totalement interdit par le parti. Depuis l'ouverture du pays à la fin des années 70, les femmes se sont rattrapées : aujourd’hui, de nouveau très féminines, elles maitrisent parfaitement l’art du soin et du maquillage.

1 La beauté chinoise laisse perplexe, Le Quotidien du Peuple en Ligne, 29/09/2005 french.peopledaily.com.cn

Le saviez-vous ?

 

1/ « Quatre grandes beautés » ont marqué la Chine antique pour leur grande beauté et par l’influence qu’elles exercèrent sur les rois et les empereurs de leur époque : Xi Shi (VI et V siècles AC), Wang Zhaojun (48-33 AC), Yang Guifei (719-756) et Diaochan. Contrairement aux trois premières, Diaochan ne figure pas dans les textes historiques et pourrait être un personnage fictif.

2/ Contrairement aux Européennes, les Asiatiques apprécient les textures légères et “mouillées” (“Moist”) même si le produit colle quelques instants après l’application.

3/ Pendant leur routine de soin, les femmes chinoises ont fréquemment recours à des gestes de massage traditionnels. Ainsi, elles n’étalent pas les lotions sur leur visage mais les font pénétrer en tamponnant délicatement leurs joues, leur front et leur menton avec leurs paumes. L’Oréal a donc adapté ses gammes de soins à ces rituels.